Vie en Grèce

Vie en Grèce

21/09/2015 : Tsipras l'échec, Maarten Verwey la victoire.

Le soir du 20 septembre, Tsipras déclarait : « La victoire est grande » et «  Aujourd’hui, je me sens légitime ».  Il se jetait peu après dans les bras de son ami Kaménos.

 

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La victoire annoncée par Tsipras n'en n'est pas une. D'abord il a moins d'élus sous l'étiquette Syriza qu'en janvier.

Ensuite le taux d'abstention avoisine 45%, en hausse par rapport à celle de janvier. A ceci il faut rajouter les 6,9% de voix parties à des formations qui n'ont pas eu d'élus et les bulletins blancs.

Tsipras peut donc se revendiquer de la légalité mais non de la légitimité il est loin des 50% des suffrages de tous les électeurs.

Sa seule victoire, s'il y en a, est d'avoir éliminé son opposition de gauche. La Troïka appréciera mais ne le récompensera pas. Il reste malgré tout marqué par le sceau de ceux qu'il a éliminé, de vulgaires anarchistes des temps anciens. Il lui restera cependant l'opposition du KKE qui se maintient, sans plus.

 

Par contre des défaites sont à mettre à son compte. En premier il a détruit l'espoir et à travers ça la fierté que le peuple grec avait retrouvé.

Il a aussi réussi à faire placer les néo-nazis en troisième position.

Autre défaite, sa prétendue légalité qui est vendue aux créanciers. Comme le dit Panagiotis Grigoriou sur son site Greek Crisis (//www.greekcrisis.fr/2015/09/Fr0465.html#deb) le véritable gouverneur de la Grèce sera un étranger du nom de Maarten Verwey de nationalité hollandaise.(The Guardian)

Je cite :

Pour le quotidien britannique (The Guardian) tout semble clair, car “indépendamment du vote des Grecs, c’est bien Maarten Verwey, haut fonctionnaire au ministère des Finances néerlandais qui a rejoint la Commission en 2011 pour aussi conduire son programme d'assistance de Chypre, qui dirigera ce qui équivaut à un groupe de travail de l'UE en Grèce, d’après les médias grecs il sera de fait le véritable Premier ministre”.

En somme, l’analyse faite par “The Guardian”, résume... l’essentialisme du mémorandum Tsípras. Les pouvoirs de Maarten Verwey sont sans précédent. “Et même si peu d'électeurs dans les rues d'Athènes connaissent encore son nom, beaucoup d'entre eux, comprennent alors que le choix de leur bulletin de vote mis dans l'urne pour ces élections, n'aura que peu d'impact sur ce qui va leur arriver par la suite”. La messe est dite, d’où sans doute cette indifférence des Grecs lors de la parodie de la campagne électorale.

Car dans les conditions draconiennes imposées par le mémorandum III, Athènes a formellement cédé le contrôle de grands pans de sa politique économique et sociale à ses prêteurs de la zone euro. Le protocole dit d'entente, impose au gouvernement grec de consulter la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international pour tous ses axes politiques (actions) pertinents... avant qu'ils ne soient finalisés ou légalement adoptés. La Grèce devrait ainsi remanier radicalement son économie, apporter de profonds changements à son système de santé, comme à celui des retraites, et enfin reformer sa fiscalité”.

 

Autre mensonge de Tsipras, il n'y aura aucune marge de manœuvre que pourraient lui accorder les troïkeux. C'est déjà stipulé dans l'accord.

 

Que peut-il se passer dans quelques temps ?

 

La coalition avec ANEL ne pourra pas tenir, les contradictions vont se manifester très vite. L'ambitieux Kaménos, homme clé de la majorité au parlement saura faire valoir son apport !

Il ne faut pas oublier que Tsipras et Kaménos sont tous les deux des hommes d'appareil et que la rivalité se fera vite sentir. Jusqu'à quand leur grande amitié ?

Tsipras avait il y a peu de grands amis, parmi les plus connues Zoé, Lafanzanis, Varoufakis, Manomos Glézos et grâce au désir de pouvoir ces amitiés ont été détruites.

Tsipras fait comme Lénine, tenir le pouvoir politique et ne plus le lâcher, reporter le socialisme à plus tard. Mais avec Tsipras, il n'était même pas question de socialisme !

On peut donc être marxiste révolutionnaire et savoir mettre au placard les options révolutionnaires.

Aucune élection avant 4 ans ne viendra remettre en cause la répartition actuelle au parlement. Ce dernier étant déjà cour-circuité par la Troîka pour au minimum trois ans, nous sommes rentrés dans l'ère Tsipras. Dans 4 ans il est capable de se faire réélire.

A moins que la coalition actuelle ne vole en éclat, à moins que la résistance extra-parlementaire ne s'organise.

 

L'avenir, encore une fois le dira.

 



22/09/2015
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